Cathédrale de Notre-Dame en cours de restauration après l'incendie de 2019
David Bordes / Etablissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris
Un défi d'approvisionnement inédit pour un monument historique en France
Après l’incendie de 2019, de nombreuses pierres de la cathédrale ont été altérées ou détruites. Il a donc fallu retrouver de grandes quantités de pierres aux qualités bien particulières pour redonner vie à ce monument millénaire. Le chantier de Notre-Dame a nécessité environ 1 000 m³ de blocs finis, là où une restauration ordinaire mobilise rarement plus de quelques dizaines de mètres cubes.
Mandaté par l'établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris (RNDP), le BRGM a constitué une équipe pluridisciplinaire : géologues, sédimentologues, géomaticiens etc. À leur tête, David Dessandier, expert géologue au BRGM et maître d’œuvre de ce projet.
Leur mission ? Plonger dans les archives et les carrières du Bassin parisien pour identifier les pierres compatibles avec les pierres d’origine de la cathédrale.
La carrière qui a tout changé
Parmi les 9 sites prospectés et passés au peigne fin, un s'est distingué pour répondre aux besoins en pierres dures : la carrière de la Croix-Huyart, à Bonneuil-en-Valois dans l’Oise. C'est le seul site qui disposait d'un banc de roche suffisamment haut pour fournir les blocs nécessaires.
Ces mois de recherches se sont également traduits par la rédaction d'un guide méthodologique de référence pour la sélection des pierres dans les chantiers de restauration de monuments historiques, un outil qui bénéficiera à d'autres édifices de la région parisienne.
Un résultat indiscernable
Tout au long du projet, les experts du BRGM ont travaillé main dans la main avec les architectes en chef des monuments historiques pour que chaque pierre “neuve” soit indiscernable de l’ancien et pour que la magie opère dès la réouverture des portes de Notre-Dame de Paris.
Des talents qui méritent d'être mis en lumière
BRGM Invest, au service du BRGM, de ses chercheurs et de la valorisation de leur expertise, il nous a semblé essentiel de mettre en lumière cette histoire. Les pierres de Notre-Dame illustre parfaitement ce qu'est la réalité du BRGM : une institution dont les chercheurs interviennent souvent dans l'ombre, sur des terrains inattendus, avec une expertise que peu d'autres structures possèdent.
Rejoindre cet écosystème, c'est avoir la possibilité de contribuer à des projets qui dépassent la simple mission technique, et qui laissent une empreinte durable dans l'histoire.
David a été décoré Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres pour cette mission exceptionnelle.